Les colonies de vacances en chiffres : Statistiques et tendances pour mieux choisir !

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Mis à jour en avril 2026 — Sources : INJEP, INSEE, Ministère de l'Éducation nationale, CNAF

Fréquentation des colonies de vacances : un recul qui interpelle

Le secteur des colonies de vacances traverse une période charnière. Selon les dernières données publiées par l'INJEP (Institut national de la jeunesse et de l'éducation populaire), 1,3 million d'enfants et d'adolescents ont participé à des séjours avec hébergement en 2024-2025, soit 50 000 de moins que l'année précédente (1,34 million en 2023-2024).

Ce recul de 4 % en un an s'inscrit dans une tendance plus préoccupante : par rapport à la période pré-COVID de 2018-2019, ce sont 141 000 mineurs de moins qui partent en colonie, soit une baisse de 10 %. L'été 2024 a enregistré 954 000 départs, en repli de 3 % sur un an et de 12 % par rapport à l'été 2019.

Le comité de filière « Animation » a d'ailleurs publié début 2026 un avis alarmant, encourageant les pouvoirs publics à se mobiliser face à ce déclin structurel qui remonte aux années 1990 et que la crise sanitaire de 2020 a brutalement accéléré.

Évolution des départs depuis 2018

Année scolaire Départs (millions) Variation
2018-2019 1,43 Référence pré-COVID
2019-2020 0,67 -53 % (crise sanitaire)
2020-2021 0,90 +34 % (rebond)
2021-2022 1,25 +39 %
2022-2023 1,33 +6,4 %
2023-2024 1,34 +1,3 %
2024-2025 1,30 -4 %

À noter : depuis 2019, les séjours de cohésion du Service National Universel (SNU) — environ 50 000 jeunes par an — sont comptabilisés dans les accueils collectifs de mineurs avec hébergement. Hors SNU, l'écart avec les niveaux d'avant-crise serait donc encore plus marqué. Le SNU est par ailleurs mis en extinction en 2026, sans crédits prévus au budget.

Répartition par tranche d'âge

La structure des participants reste globalement stable d'année en année :

  • 62 % des participants sont des enfants de 6 à 13 ans, la tranche d'âge historique des colonies de vacances.
  • 36 % des départs concernent les plus de 13 ans, un segment en légère progression.
  • Les enfants de moins de 6 ans représentent seulement 3 % des départs.

À retenir : seuls 15 % des enfants allocataires de 11 ans ont participé à une colonie de vacances en 2024 selon l'INJEP. Ce taux varie fortement selon le quotient familial : les enfants dont le QF est inférieur à 1 200 € partent deux fois moins que ceux dont le QF se situe entre 1 500 € et 2 000 €, et trois fois moins que ceux aux QF supérieurs à 2 500 €.

Types de séjours les plus populaires

Le marché des colonies de vacances se diversifie pour répondre aux attentes des familles modernes :

Séjours classiques et multi-activités : ils restent le premier choix des familles, combinant activités sportives, culturelles et nature dans un format éprouvé.

Séjours thématiques : en plein essor, ils répondent à une demande de spécialisation croissante :

  • Linguistiques, pour développer les compétences en langues étrangères dès le plus jeune âge.
  • Scientifiques et technologiques, incluant des ateliers STEM, programmation et robotique.
  • Écologiques, axés sur la sensibilisation environnementale et la reconnexion à la nature.

Séjours à l'étranger : avec 114 000 départs en 2024-2025, ils reculent de 6 000 par rapport à l'année précédente. La Grande-Bretagne reste la destination privilégiée, malgré une baisse continue. Ces séjours demeurent nettement en dessous de leurs niveaux d'avant-crise.

Comparaison des types de séjours

Type de séjour Part des départs Tranche d'âge principale Durée moyenne
Classique / Multi-activités 45 % 6-13 ans 7-14 jours
Thématique 30 % 10-17 ans 7-21 jours
Sportif 15 % 8-17 ans 7-14 jours
À l'étranger 10 % 14-17 ans 14-21 jours

2026, une année de transition pour les aides financières

Fin des Colos Apprenantes : un tournant majeur

C'est le grand bouleversement de 2026 : le dispositif des Colos Apprenantes a été officiellement supprimé par la loi de finances adoptée le 2 février 2026. La ligne budgétaire de 36,8 millions d'euros (en 2025) est passée à 0 €.

Lancées en 2020 sous l'impulsion du ministère de l'Éducation nationale pour pallier les effets du confinement, les Colos Apprenantes avaient permis à plus de 400 000 enfants de partir en séjour depuis leur création. En 2024-2025, le dispositif a encore bénéficié à 88 000 enfants issus de milieux défavorisés, soit une hausse de 10 % par rapport à 2023 et de 25 % depuis 2020.

Malgré une tentative de sauvetage par le Sénat (amendement de 10 millions d'euros), le gouvernement a maintenu sa décision dans le cadre d'un recul plus large des crédits en faveur de la jeunesse (-26 % sur le programme 163 « Jeunesse et vie associative »).

Aucun dispositif national de remplacement n'est prévu. Les acteurs du secteur — associations d'éducation populaire, collectivités, fédérations — alertent sur l'impact de cette suppression sur le droit aux vacances des enfants les plus précaires.

Le Pass Colo : un dispositif renforcé et élargi

Bonne nouvelle en revanche : le Pass Colo est maintenu et renforcé en 2026. Cette aide de l'État, créée en 2024 dans le cadre du Pacte des solidarités, facilite les départs en colonie de vacances pour les enfants de 11 ans (âge charnière de l'entrée au collège).

Bilan du Pass Colo :

  • 2024 : 15 957 enfants bénéficiaires, dont 62 % n'étaient jamais partis en colonie auparavant. 1 816 organisateurs conventionnés.
  • 2025 : plus de 25 000 enfants bénéficiaires (+56 % par rapport à 2024), 2 538 organisateurs conventionnés (+30 %).

Ce qui change en 2026 :

  • Éligibilité : enfants nés en 2015 (11 ans) ou nés en 2014 n'ayant pas utilisé le Pass en 2025.
  • Montant : de 200 € à 350 € selon le quotient familial (QF ≤ 1 500 €).
  • Nouveauté : le Pass Colo s'étend désormais aux enfants en situation de handicap, aux enfants protégés par l'ASE (Aide Sociale à l'Enfance) et aux résidents des Outre-mer.
  • Potentiel : 530 000 familles allocataires CAF et 17 000 adhérents MSA sont éligibles. Le taux de non-recours reste cependant élevé (environ 75 % des familles éligibles).

Barème Pass Colo 2026 :

Quotient familial Montant de l'aide
Jusqu'à 200 € 350 €
De 201 € à 700 € 300 €
De 701 € à 1 200 € 250 €
De 1 201 € à 1 500 € 200 €

Les aides CAF renforcées

En 2026, la CAF renforce significativement son soutien aux colonies de vacances :

  • Plafond QF relevé à 950 €, ouvrant l'aide à davantage de familles.
  • Couverture jusqu'à 70 % du coût du séjour (Aide aux Vacances Enfants — AVE).
  • Plus de limite de 3 demandes en 5 ans depuis 2025.
  • Cumul possible entre l'AVE et le Pass Colo pour les enfants de 10-11 ans, permettant un reste à charge quasi nul pour les familles les plus modestes.

Récapitulatif des aides disponibles en 2026

Aide Public cible Montant Conditions
Pass Colo Enfants de 11 ans (nés en 2015) 200 à 350 € QF ≤ 1 500 €
AVE (CAF/VACAF) 6-17 ans Jusqu'à 70 % du séjour QF ≤ 950 €
Chèques-vacances ANCV Familles modestes Jusqu'à 80 % du séjour Sous conditions
CSE (Comité d'entreprise) Salariés Variable Selon employeur
Aides collectivités locales Variable Variable Selon commune/département

 

Tendances du secteur en 2026

Un secteur en quête de renouveau

Le secteur des colonies de vacances fait face à un paradoxe : alors que le tourisme en France bat des records historiques (102 millions de visiteurs en 2025, premier pays au monde), les départs d'enfants en colonie continuent de reculer.

Plusieurs facteurs expliquent cette érosion structurelle :

  • La montée en puissance des vacances familiales, avec des parents qui préfèrent partir avec leurs enfants.
  • Le coût croissant des séjours, dans un contexte d'inflation.
  • Le recul du soutien public (fermeture de centres vétustes, baisse des crédits jeunesse).
  • La diminution du nombre de collectivités organisatrices : 200 de moins entre 2018-2019 et 2023-2024 (3 200 contre 3 400).
  • La méconnaissance des aides disponibles par les familles éligibles.

Le poids des organisateurs

En 2023-2024, quelque 9 441 structures organisatrices ont été à l'origine de 47 000 colonies de vacances, représentant 1,3 million de départs. Le secteur reste fortement polarisé :

  • 61 % d'organisateurs associatifs (60 % des départs).
  • 35 % de collectivités territoriales.
  • 2 % de sociétés commerciales, responsables toutefois de 11 % des départs.
  • 52 % des organisateurs ne proposent qu'un à deux séjours par an, tandis que 8 % en proposent plus de 10 et génèrent la moitié de l'activité.

Scoutisme : la contre-tendance positive

À rebours de la baisse des colonies classiques, le scoutisme poursuit sa croissance : 159 000 places ouvertes en 2024-2025, soit +5 % (+7 000 places) par rapport à l'année précédente. Cette progression est constante depuis plus d'une décennie (+45 000 places depuis 2009-2010), témoignant de l'attractivité d'un modèle fondé sur l'engagement bénévole et la vie en pleine nature.

Digitalisation et nouvelles attentes des familles

Les familles d'aujourd'hui recherchent :

  • Des plateformes digitales facilitant la comparaison des séjours, les inscriptions en ligne et le suivi parental en temps réel.
  • Des séjours éducatifs et à impact : écologie, STEM, développement personnel.
  • Une transparence accrue sur l'encadrement, la sécurité et le projet pédagogique.
  • Des expériences mémorables alliant aventure, apprentissage et épanouissement.
  • Des activités innovantes : ateliers numériques, initiation à l'intelligence artificielle, réalité virtuelle, coding camps.

Impact éducatif et psycho-affectif

Les colonies de vacances continuent de jouer un rôle fondamental dans le développement des enfants et des adolescents :

Autonomie : gestion des affaires personnelles, prise d'initiatives et premières décisions sans les parents. Selon l'INJEP, 85 % des parents constatent une amélioration de l'autonomie de leur enfant après un séjour en colonie de vacances.

Socialisation : apprentissage du vivre-ensemble, tolérance, intégration dans un groupe de pairs. Les colonies permettent la rencontre d'enfants d'horizons différents — un enjeu de mixité sociale d'autant plus crucial après la disparition des Colos Apprenantes.

Développement cognitif et psychomoteur : activités variées stimulant la curiosité, la créativité et la motricité, dans un cadre différent de l'école.

Estime de soi : reconnaissance, valorisation personnelle et dépassement de soi à travers des activités nouvelles.

Déconnexion numérique : les colonies offrent un temps précieux loin des écrans, dans un monde où le temps d'exposition numérique des jeunes ne cesse d'augmenter.


Défis et perspectives pour l'avenir

Le secteur des colonies de vacances se trouve à un carrefour décisif. Plusieurs défis majeurs se dessinent pour les années à venir :

Combler le vide laissé par les Colos Apprenantes. Sans ce dispositif, le risque d'une aggravation des inégalités d'accès aux vacances est réel. Les collectivités locales et les associations sont appelées à prendre le relais, mais leurs moyens sont limités et variables selon les territoires.

Démocratiser le Pass Colo. Avec un taux de non-recours de 75 %, le principal défi est de faire connaître ce dispositif aux 530 000 familles éligibles. L'objectif gouvernemental est d'atteindre 30 millions d'euros de budget d'ici 2027.

Moderniser l'offre. Le secteur doit se réinventer pour attirer les adolescents (14-17 ans), segment historiquement plus difficile à capter, en proposant des expériences différenciantes et connectées aux aspirations de la génération Z.

Lutter contre la pénurie d'animateurs. Le recrutement et la fidélisation des encadrants restent un défi majeur, amplifié par la mise en extinction du SNU et les problématiques de logement des saisonniers.

Répondre aux enjeux environnementaux. Les colonies doivent intégrer les pratiques écoresponsables et proposer des séjours durables, en phase avec les préoccupations des familles.

Conclusion

En 2026, les colonies de vacances traversent une période de mutation profonde. Si la fréquentation recule et si la suppression des Colos Apprenantes fragilise l'accès des enfants les plus modestes, le secteur dispose aussi de leviers encourageants : le renforcement du Pass Colo, l'engagement accru de la CAF, et une demande familiale forte pour des expériences éducatives de qualité.

Plus que jamais, les colonies de vacances restent un espace unique d'apprentissage, de socialisation et d'épanouissement pour les jeunes. Chez Totemia, nous croyons que chaque enfant mérite de vivre cette aventure, et nous vous accompagnons pour trouver le séjour idéal, quels que soient votre budget et vos attentes.

Découvrir tous les séjours

Voici une sélection de colonies de vacances adaptées pour une première fois, pensées pour aider les enfants à découvrir la vie en colo en douceur.

Découvrir les séjours

FAQ

En 2024-2025, environ 1,3 million d’enfants et d’adolescents ont participé à une colonie de vacances avec hébergement. Ce chiffre est en légère baisse par rapport aux années précédentes, mais le secteur reste très fréquenté et structurant dans les départs en vacances des jeunes.
Plusieurs aides existent pour financer une colonie de vacances : le Pass Colo (pour les enfants de 11 ans sous conditions de ressources), les aides VACAF de la CAF, les chèques-vacances ANCV, ainsi que les aides des comités d’entreprise et des collectivités locales. Le cumul de ces dispositifs peut fortement réduire le coût du séjour.
Non, le dispositif des Colos Apprenantes a été supprimé dans le cadre de la loi de finances 2026. Aucun programme national de remplacement n’a été annoncé à ce jour, mais d’autres aides comme le Pass Colo ou les dispositifs CAF restent accessibles.
L’âge idéal pour une première colonie de vacances se situe entre 6 et 8 ans. Les séjours courts sont recommandés pour débuter, afin de faciliter l’adaptation de l’enfant et de rendre l’expérience plus progressive et rassurante.
Oui, les colonies de vacances ont de nombreux bénéfices : elles renforcent l’autonomie, la socialisation et la confiance en soi. Elles favorisent aussi la déconnexion numérique et permettent aux enfants de vivre des expériences collectives enrichissantes.